29/03/2013

Roger Wolfs

 

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          L'Homme de dos

 

Wolfs, nous le savions, n'est pas un artiste de l'évidence; c'est un peintre du travail en gestation, du temps suspendu. Les oeuvres qu'il donne à voir cette fois-ci illustrent plus particulièrement cette rhétorique de l'absence, ce refus de la frontalité. Les sujets représentés renvoient-ils dès lors à une révolte, à un refus, à une diversion, à un rejet? Rien de tout cela. L'homme de dos, chez Wolfs, ne tient pas de discours métaphorique. Il n'a aucune prétention à l'éloquence; il est ailleurs, c'est tout. Il ne se détourne de rien, ne nie rien. Qu'il se trouve nulle part n'allège pas la lecture de ces oeuvres énigmatiques. Ce que ces personnages regardent n'est pas visible, sauf à imaginer quelque chose que l'artiste abandonne à la fantaisie du spectateur. A supposer qu'il y ait là plus que des questions volontairement laissées sans réponse.

Les lieux, aussi, sont imprécis, indéfinis, crépusculaires. Faut-il pour autant conclure à la représentation d'une errance, d'un enfermement, d'un abandon dans une pénombre fortuite? Wolfs ne répondra pas, sinon pour nous dire que ce qu'il esquisse dans ses oeuvres sont autant d'invitations à se projeter. On peut dès lors avancer, sans beaucoup de risques, que ces personnages vus de dos questionnent avant tout la position du spectateur. Soustrait à l'évidence du visage, confronté à un discours de l'absence et à une mise en scène ambiguë, le spectateur se trouve embarqué dans un voyage intérieur dont il ne possède pas l'itinéraire. Il ne lui reste que lui-même. Tour à tour philosophe, psychologue et poète, Roger Wolfs est un artiste qui sollicite l'imaginaire de son public. De face comme de dos.



Roger Wolfs expose chez Ann Schoemans et Sophie Collet




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19:10 Écrit par Jean-Michel Uyttersprot dans édition 2013, présentation d'artiste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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